18 juin 2013

Retraites : Le Medef propose de travailler plus ... tout au long de la vie et tout au long de l'année !

Dernière ligne droite pour Laurence Parisot avant de céder son siège de présidente du Medef. En forme de cadeau souvenir aux salariés, elle propose : « d'augmenter notre quantité de travail tout au long de la vie et tout au long de l'année ». Donc, travailler plus, sans la moindre garantie d'avoir le droit, un jour, à une retraite décente.

Dans quelques jours, Laurence Parisot va pouvoir passer plus de temps dans sa maison de Saint Barth et peut être un peu mieux justifier les 22 000 euro mensuels qu'elle se versait en tant que patronne de l'IFOP, en tant que : chargée de la veille stratégique de l'IFOP, le tout pour : « une demi-journée par semaine ». Néanmoins, cela ne semble pas suffisant pour apaiser le dépit qu'elle doit ressentir à l'idée de laisser sa place, alors qu'elle espérait bien rempiler pour un nouveau mandat.

Est ce ce dépit qui l'a poussée à commenter de façon vindicative le rapport de Yannick Moreau sur les retraites qui doit servir de base de négociation aux partenaires sociaux pour la énième « réforme » des retraites ?

Laurence Parisot : « A court terme, les leviers d'action envisagés [dans le rapport Moreau] sont une fois de plus des pistes fiscales, de hausse des cotisations des employeurs et des salariés. C'est inacceptable, inenvisageable, irresponsable. C'est faire comme si personne n'avait entendu parler de la chute de la compétitivité des entreprises françaises, du décrochage de l'économie et de la régression du pouvoir d'achat des salariés ( ...) La piste de l'âge et celle de la durée de cotisation sont considérées marginalement. Notre message sera celui du travail. Nous ne sortirons des difficultés qu'à condition d'augmenter notre quantité de travail tout au long de la vie et tout au long de l'année »

Les chômeurs actuels et futurs, de tous âges apprécieront !

Néanmoins, à y regarder de plus près, on constate que notre amie Laurence mélange allègrement les torchons et les serviettes. En effet, quel est le lien entre la durée légale du travail qu'elle n'a cessé de combattre en réclamant son abrogation, la compétitivité et l'avenir des régimes de retraites ?

Réponse : aucun. Si ce n'est une crise d'hystérie ultra libérale, due probablement à la frustration de ne pas avoir réussi à imposer aux salariés français des semaines de 48H00 payées au tarif de 35, licenciables à volonté et sans recours possible et, surtout, de ne pas avoir apporté aux banques et assureurs adhérents du Medef la rente de la retraite par capitalisation.

Analysons la situation par rapport à cette boulimie d'heures de travail réclamée par madame Parisot

Les carnets de commande des entreprises sont pleins à ce point qu'il soit nécessaire de faire travailler les salariés plus et plus longtemps ?

La réponse est non !

Les entreprises française relocalisent-elles au point qu'elles manquent de salariés ?

La réponse est non !

Les salariés sont-ils responsables d'une situation où les entreprises ont préféré ignorer l'innovation ou s'installer à l'étranger pour des raisons de normes sociales inexistantes ?

La réponse est non !

Les entreprises se battent-elles pour conserver à l'effectif les salariés de plus de 55 ans pour leur savoir-faire ?

La réponse est non !

Les entreprises recrutent-elles des chômeurs de plus de 55 ans ?

La réponse est non !

Dans ces conditions, comment exiger qu'on repousse la date de départ à la retraite. Et surtout pourquoi ?

Tout d'abord, par pure idéologie libérale. Ensuite, et surtout parce que le marché français de la capitalisation retraite est marginal. Il est clair qu'en allongeant et en déplaçant sans fin l'âge de départ à la retraite, les jeunes génération finiront par être demandeuses de plan retraites capitalisation leur permettant, de partir avant d'avoir obtenu le taux plein.

Ce qui, vous diront les économistes proches du patronat, sauvera définitivement notre système de retraites, puisqu'il ne versera quasiment plus que des pensions amputées par le fait que quasiment personne ne sera susceptible de cotiser au delà de 42, 43 ou 44 ans.

Conclusion de cette théorie fumeuse : Une paupérisation des retraités qui n'auront pas pu bénéficier d'un salaire décent pour épargner correctement sur un plan de capitalisation individuel. Or, lorsque l'INSSE indiquait  que :  50% des salariés gagnent moins de 1675 euros, et que les ouvriers sont payés en moyenne 1583 euros, on prend toute la mesure du désastre à venir. D'autant qu'il n'y a aucune raison pour que le loyer, les dépenses de nourriture ou d'habillement, de transports ou de santé diminuent.

Certes mais les banques et les assureurs qui ont tous laissé des plumes dans la crise des subprimes ou la crise des dettes des états ont besoin d'argent frais investi sur le long terme. Et dans la mesure où les plans de capitalisation retraite rendraient captive l'épargne des français sur des durées de 30 à 40 ans, cela représenterait une formidable aubaine et ... de beaux bénéfices pour les actionnaires de ces fonds de pension à la française. 

Alors, madame Parisot, arrêtez de vous servir de la compétitivité et de la régression du pouvoir d'achat pour justifier l'injustifiable en matière de retraites. A cause de la mondialisation, vous savez pertinemment que les emplois ne reviendront pas, à moins bien évidemment, que les salariés français acceptent d'être payés au tarif roumain, chinois ou Bengalis. Vous savez de toute façon que l'informatisation accrue des moyens de production réclamera toujours moins de personnel. Tout comme vous savez que le tout export initié par l'Allemagne prendra fin un jour faute d'acheteurs.

Expliquez plutôt aux salariés français que l'avenir de la retraite par répartition est probablement le cadet de vos soucis et que le rêve, partagé par de nombreux dirigeants de votre organisation patronale, d'éradiquer le programme du Conseil National de la Résistance reste un des objectifs prioritaires. Là au moins, vous serez crédible !

14 juin 2013

Repousser l'âge de la retraite : Que le Medef balaye d'abord devant sa porte !

Le futur patron du Medef demande à ce que soit repoussé l'âge légal de la retraite. Il faudrait tout d'abord que le Medef et ses adhérents s'engagent à changer d'attitude et de méthodes à l'égard des plus de 55 ans !


Ses deux principaux rivaux ayant jeté l'éponge en échange de postes de vice présidents du Medef, c'est donc Pierre Gattaz, qui va présider dans quelques semaines le mouvement patronal. Interrogé sur l'avenir des retraites en France, il a repris le couplet de dame Parisot : Il faut repousser l'âge légal de la retraite. Il en parle dans une interview au Monde

Le Monde : Que préconisez-vous au sujet des retraites ?

Pierre Gattazz : « Le débat doit être dépassionné. Regardons ce que font les autres pays. Nous vivons de plus en plus vieux. Le pourcentage d'actifs par rapport aux retraités ne cesse de baisser. C'est un problème mathématique, pas politique. Sur quels paramètres peut-on jouer ? Les cotisations ? Non, il ne faut pas les relever. Les pensions ? Il ne faut pas les baisser ou alors à la marge, par la désindexation. La durée de cotisation peut en revanche être augmentée en passant de 41 à 43 années à l'horizon 2020. Et il y a l'âge légal de départ à la retraite, qui peut être repoussé . Si on ne règle pas ces problèmes-là, que laisse-t-on aux générations futures ? »

Pourquoi cette subite pudeur, alors qu'il a clairement indiqué à quel âge il devait être repoussé

Il l'a précisé à de nombreuses reprises lors de sa campagne : « On n'accepterait pas d'augmenter encore le poids des cotisations des retraites. Il faudra faire quelque chose, sans doute augmenter l'âge de départ à la retraite, sans doute à 65 ans dans une première étape » comme le rappelle Challenge citant ses déclarations sur Europe1

Nous poserons donc la même question que nous posions au mois de mai à madame Parisot. Comment faites vous pour modifier le taux de seniors dans l'emploi ? compte tenu que : un dossier étude de l'INSEE, en mars 2013 indiquait que : « Le taux d’activité des personnes de plus de 55 ans est particulièrement faible en France, surtout pour les hommes, dont le taux d’activité est l’un des plus bas de l’Union européenne (...)  » Tout en sachant que ce taux est de 19,8% pour ... les 60-64 ans.

Nous y ajouterons quelques questions

Quand le Medef et ses adhérents cesseront-ils d'utiliser la rupture conventionnelle pour se séparer des plus de 55 ans, devenue comme l'expliquait l'Expansion : « Une pratique courante chez les seniors » ?

Quand le Medef obligera t-il les entreprises, quelle que soit leur taille, à mettre en place des solutions efficaces contre les TMS qui touchent en priorité les salariés âgés ?

Quand le Medef obligera t-il ses adhérents à former les 55 ans et plus ? alors qu'on constate que : « Les personnes de plus de 55 ans ont un taux d’accès à la formation de 9%, contre 26% pour les 35 – 44 ans (...) »

Sans le moindre doute, le Medef répondra : Code de bonne conduite, mobilité, flexibilité, adaptabilité, ... Car si le Medef refuse qu'on lui impose la moindre contrainte, il n'hésite jamais à demander à l'état d'imposer les contraintes qu'il juge nécessaire aux salariés.

Néanmoins, monsieur Gattaz ne pourra pas s'exonérer d'une réponse précise sur le fait que le tour de passe passe qui consiste à se séparer de salariés à qui, il ne reste tout plus qu'un ou deux ans avant la retraite, ne fonctionnera plus si on passe l'âge légal de 62 à 65 ans.Ce qui signifierait au passage, pour les salariés, d'attendre 69 ans pour obtenir le taux plein. Vous imaginez bien combien atteindront cet âge en restant dans l'emploi !

Mais, que deviendront les 55/62 ans qui perdront leur emploi ?

Compte tenu du peu d'appétence et d'engagement des entreprises pour ces salariés, ils devront se limiter à toucher les indemnités chômage pendant 3 ans. Ensuite, les plus chanceux toucheront l'Allocation équivalent retraite (AER) si la droite revenant au pouvoir ne la supprime pas une fois de plus, pour les autres ce sera le RSA ou ... rien du tout !

Mais comme un malheur ne vient jamais seul, monsieur Gattaz souhaite rendre leur sort encore plus difficile ! Dans l'interview accordée au Monde, il évoque au passage, l'assurance chômage et glisse : « (...)  Il faut mettre en place un système d'incitation pour les demandeurs d'emploi qui reprennent une activité rapidement (...) Il faut également jouer sur la dégressivité des allocations »

Et Pierre Gattaz de conclure : « (...) Quand vous croulez sous le poids des charges, vous ne pouvez plus investir, vous ne prenez plus d'apprentis, de stagiaires, de jeunes en alternance (...) » les vieux quant à eux ....

Voila le message que monsieur Gattaz souhaite laisser aux « générations futures » qui, après tout, auront probablement, entre temps, découvert les joies de la retraite par capitalisation, cheval de bataille de Denis Kessler son conseiller occulte et patron de l'assureur SCOR qui aurait, selon Le Figaro, obtenu en échange de son ralliement : « (...) que les questions des retraites et de protection sociale reviendraient à la fédération de l'assurance (...) »

Sans commentaire !


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Libération

31 mai 2013

Restaurants & restaurateurs : Réchauffeurs de plats ou cuisiniers ?

La majorité des syndicats patronaux de la restauration s'opposent à ce que le terme restaurant soit réservé à ceux qui ne servent à leurs clients que des assiettes cuisinées sur place à partir de produits bruts. Ce qui en dit long sur leur vision de la gastronomie et l'artisanat de bouche !


La France pays de la gastronomie que le monde nous envie ! C'est en général le cri de guerre des Chefs, des critiques gastronomiques et de quelques élus épris de terroir. Sauf que lorsqu'on interroge les clients des milliers de restaurants français, beaucoup ont la sensation que ce sont surtout les industriels de l'agroalimentaire qui sont à l'origine du repas à base de « produits frais » qu'ils ont parfois payé fort cher ... 

Pour s'en rendre compte, il est intéressant de lire une récente étude Opinionway citée par L'Express qui positionne bien le débat qui est en train de monter dans le mileiu des restaurateurs : « (...) moins de deux Français sur trois disent faire confiance aux restaurateurs pour favoriser les produits locaux, les produits de saison (...) 82% estiment que l’utilisation par des restaurants de produits industriels est incompatible avec ce qu’ils attendent d’un restaurant (...) Un autre pas vers la qualité que les Français soutiennent massivement, c’est la création d’un statut garantissant que les plats sont cuisinés sur place : 96% d’entre eux jugent que ce serait une bonne chose (...) »

Précisons que cette étude a été commandée, si l'on en croit le document, par l'UIMH, qui avec six organisations professionnelles de l'hôtellerie-restauration (dont les fast food) sont opposées à la création d'une appellation « restaurant » et « restaurateur » dont  seuls bénéficieraient les lieux où le repas est cuisiné sur place à partir de produits bruts !

C'est quoi le problème ?

Un des syndicats de restaurateurs, le SYNHORCAT a décidé de mettre le feu à la profession. Il écrit sur son blog : « (...) le SYNHORCAT se bat depuis plusieurs mois pour que l’appellation « restaurant » » soit protégée par la Loi (...) » Précisant au passage qu'il est à l'origine d'un : « (...) projet d’amendement que nous avons rédigé et présenté à notre ministre de tutelle, Madame Silvia Pinel, ainsi qu’à de très nombreux parlementaires (...) » qui définit que : « (...)  un restaurant c’est un lieu où l’on sert à la clientèle des plats cuisinés sur place à base de produits bruts (...) » Et le SYNHORCAT de donner cet exemple : « (...) A l’instar des boulangers dont la qualité du pain s’est développée avec la protection de l’appellation « boulangerie », la protection de l’appellation restaurant tirera notre profession vers le haut (...) »

Au delà d'un très probable règlement de compte entre organisations syndicales qui remonte à la création du SYNHORCAT dont la vocation était de contrebalancer l'influence de l'UIMH, il faut effectivement s'interroger sur la définition d'un restaurant !

Selon l'UIMH et les syndicats GNC, SNARR, SNRPO, SNRTC et CPIH (voir descriptif ) , qui représentent également les fast-food, les chaînes d'hôtels, les cafétérias et les chaînes de restaurants : « un restaurant est un établissement où l'on sert des repas moyennant paiement ».  Ce que confirmait sans le moindre complexe Roland Héguy, le président de l’Umih, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, seuls 20 000 points de vente de restauration, sur les 120 000 de France, travaillent avec le frais.

On est bien loin de l'image du restaurateur se rendant chez ses fournisseurs de produits frais ou accueillant son petit maraîcher de bon matin, ainsi qu'aiment nous le montrer les émissions de télévision.

On notera au passage que la proposition du SYNHORCAT présente des similitudes étonnantes avec le statut de maître restaurateur. En effet, l'obligation est faite aux quelques 2700 restaurateurs labellisés de : « n'utiliser que des produits bruts de qualité et une cuisine élaborée sur place ». Seulement, cette fois-ci, c'est l'appellation restaurant qui serait retiré à tous ceux qui ne respecteraient pas les termes indiqués par le SYNHORCAT. 

Ce qui priverait toutes les chaînes disposant d'une cuisine centralisée, tous les fast food (qui utilisent des viandes surgelés), les pizzeria qui achètent leur pâte aux industriels et tous ceux qui sont des spécialistes de la tarte au citron ou du tiramisu maison fabriqués par ... des industriels (voir le catalogue Relai d'or Miko), du panneau restaurant.

C'est pourquoi L'UMIH, et les syndicats GNC, SNARR, SNRPO, SNRTC et CPIH qui affirment être des défenseurs du goût à la française s'opposent vigoureusement au projet. Au travers d'ailleurs d'arguments assez étonnant : « (...) cette nouvelle appellation restrictive risquerait « de créer une complète confusion dans l'esprit du public, des clients et surtout des touristes internationaux » et bien entendu, s'adressant au gouvernement, brandissent l'inévitable couplet  de l'emploi : « (...) l'usage restrictif du mot « restaurant » aurait « des conséquences dramatiques en termes d'emplois, notamment chez les jeunes » alors qu'un quart des 700 000 salariés du secteur a moins de 25 ans »

En revanche écrit Le Parisien : « (...) les six organisations syndicales sont favorables à la création d'un statut d'« artisan-restaurateur » allant dans le même sens, et discuté en ce moment à Bercy » et qui risque d'être un épiphénomène au même titre que les maîtres restaurateurs quasiment inconnus, à ce jour, de la population française.

En attendant, on pourra toujours sourire en écoutant les Chefs, les critiques gastronomiques et quelques élus épris de terroir nous parler de la France pays de la gastronomie que le monde nous envie, tout en évitant d'être naïfs sur le contenu et le prix des assiettes ... de la restauration française.



Bibliographie


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29 mai 2013

OCDE et Europe : La précarité généralisée comme réponse au chômage !

Selon l'OCDE et la Commission européenne, il suffirait que la France assouplisse encore son marché du travail, bloque les salaires, mette en place un SMIC jeunes et baisse les cotisations patronales pour faire baisser le chômage. En gros, la recette appliquée en Espagne, en Italie ou au Portugal avec le résultat qu'on connaît !
L'élément de langage est bien rôdé, si le chômage est au plus haut en Europe, c'est à cause des égoïstes qui ont un emploi et refusent de le partager avec ceux qui n'en n'ont pas. 

On peut en lire une synthèse, sous la plume de Hélène Syed Zwick, sur le site Fenêtre sur l'Europe  : « (...) La détérioration généralisée de la situation des marchés du travail nationaux en Europe, dont les causes structurelles sont désormais identifiées, exige des réformes en profondeur. Les nouveaux gouvernements en Espagne (Rajoy) et en Italie (Monti), mais aussi au Portugal (Passos Coehlo) se sont engagés à réformer leurs codes du travail respectifs. Ces pays, tout comme demain, inévitablement, la France et même l’Allemagne, sont confrontés à une problématique de fond identique : réduire le dualisme sur leur marché du travail qui scinde la population active en deux et qui fournit à une partie, sécurité et stabilité de l’emploi et à l’autre, majoritaire, une précarité génératrice d’insécurité et d’incertitudes (...) » Voir aussi : Réformes des marchés du travail, Espagne, Italie, Portugal

Avouez que lorsqu'on travaille dans le privé pour un salaire qui oscille entre 1300 et 1500 € brut par mois, se faire traiter de privilégié est assez surprenant. Néanmoins, les experts de l'OCDE et de la Commission européenne qui se moquent complètement de savoir si on peut se loger, se vêtir et manger correctement, avec de tels revenus le pensent !

C'est donc au nom de ce constat que l'OCDE et la Commission européenne viennent de demander à la France un certain nombre de réformes, essentielles pour eux, pour faire baisser le chômage de masse.

Pour l'OCDE « (...) Il faut donc accélérer les réformes (...) encourager la modération salariale et mettre en oeuvre un salaire minimum plus faible pour les jeunes adultes (...) »

En clair essayer de remettre en place le fameux « SMIC jeunes » baptisé par Edouard Balladur : Contrat d'insertion professionnelle 

Le seul problème pour ce type de contrat, c'est qu'une entreprise n'embauche que lorsque son carnet de commande le permet et non pas uniquement sur un critère de très bas salaire. Par contre, elle génère un effet pervers  : Elle se transforme vite en effet d'aubaine pour certains employeurs. En effet, elle ouvre la possibilité de recruter en priorité des salariés sous payés au détriment de salariés considérés plus chers.  Imaginez l'effet dans le cas où on assouplirait encore plus les conditions de licenciement !

Pour la Commission européenne  : « (...) le pacte pour la compétitivité, inspiré du rapport Gallois, et l'accord sur l'emploi, négocié par les partenaires sociaux, constituent des premiers pas dans la bonne direction. Pour M. Rehn (commissaire européen), il faut accélérer le rythme et l'ampleur des réformes (...) »

Traduction : comme l'écrivait l'un des candidats à la présidence du Medef, il faut passer à la version 2 de l'ANI et transformer chaque salarié en précaire permanent. Sans se poser, bien entendu, de question sur le fait qu'en fonction de l'âge ou de la capacité à changer de métier,  certains salariés, devenus chômeurs, ne retrouveront plus aucun emploi. 

Il suffira vous diront l'OCDE et la Commission européenne, de les cantonner à des mini jobs rémunérés à 3 ou 400 € par mois, comme en Allemagne où, sans cette astuce, le taux de chômage atteindrait 12%

Hé oui braves gens : « Le plein emploi est possible grâce à la totale précarité »  est en marche !


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Faujour

27 mai 2013

Chômage : Au Medef on aime l'idée des mini jobs !

Alors que la date de l'élection du futur président du Medef approche, les candidats rivalisent d'imagination pour proposer des solutions de plus en plus ... précaires pour les salariés. Dernière idée en date : Créer des mini jobs à la française en s'inspirant de leur très controversé modèle allemand.



Les candidats à la présidence du Medef n'en sont pas à une outrance près face au nombre record de chômeurs que connaît la France. Il y a peu, nous évoquions l'idée de Patrick Bernasconi qui proposait, alors que l'accord ANI vient seulement d'être validé par le parlement, de passer à une phase II de la flexibilité.

Histoire de ne pas être en reste, son concurrent Geoffroy Roux de Bézieux vient aujourd'hui de confier dans une interview au site web du magazine Challenge : « Il faut se poser la question des mini-jobs en France ».


Roux de Bézieux: "Il faut se poser la question... par Challenges


Mini jobs késako ?

C'est une invention allemande qu'on doit au gouvernement de Gerhard Schröder. Ils font partie des lois Hartz : « (...) mises en place entre 2003 et 2005 en Allemagne dans le cadre du vaste programme de réforme de l’État social (...) » nous explique le site des Missions allemandes en France. Ils figurent au chapitre Hartz II (application rétroactive au 1er janvier 2003) : « Soutien aux emplois faiblement rémunérés (« Mini-Jobs » (< 400 €) et « Midi-Jobs » (400-800 €) via des exonérations de cotisations salariales » Lire aussi le dossier très complet du CIRAC : « Les mini-jobs, une perspective pour les chômeurs ? »

Nous ne doutons pas que certains beaux esprits nous ressortent la litanie sur l'Allemagne : « Un vrai miracle économique: un taux de chômage historiquement bas, un commerce extérieur florissant, une croissance meilleure qu'en France, des PME orientées vers les nouvelles technologies... » histoire de valider un des volets les plus controversés de ces fameuses lois Hartz. 

L'Expansion en décembre 2012 nous expliquait l'effet pervers des mini jobs : « (...) Dans plusieurs secteurs comme la restauration, les "minijobs" ont pris la place de vrais emplois soumis aux charges sociales (...) l'Agence allemande pour l'emploi recense 7,4 millions de contrats de travail de ce type (...) » au point que, la fédération allemande des services, Ver.di critiquait : « (...) l'utilisation abusive de ce type de contrat, dans le commerce de détail notamment, qui s'en sert pour remplacer les contrats traditionnels à temps partiel (...) »

En octobre 2011, Slovar les Nouvelles évoquait les : « les failles et les défis du modèle allemand » dans lequel étaient cités les mini jobs allemands , se référant à un article/dossier

du très pertinent site Myeurop.

Extraits : « (...) un système qui, par vases communicants, aurait progressivement fait passer plusieurs millions d’allemands des listes de chômeurs à ceux de quasi-chômeurs ou travailleurs pauvres (...) Une responsable de l’Arbeitsagentur d’Hambourg (Pôle-emploi allemand), souhaitant garder l’anonymat, ne cache pas sa colère : Qu’on arrête de parler de miracle économique. Aujourd’hui, le gouvernement répète que nous sommes aux alentours de 3 millions de chômeurs, ce qui serait effectivement historique. La réalité est toute autre, 6 millions de personnes touchent Hartz IV, ce sont tous des chômeurs ou des grands précaires. Le vrai chiffre n’est pas 3 millions de chômeurs mais 9 millions de précaires (...) »

« Les Mini-Jobs : des contrats à temps partiel, payés 400 euros par mois, qui permettent aux employeurs d’être exonérés de charges mais prive ses bénéficiaires d’assurance maladie et travail. Ils n'ouvrent aucun droit à la retraite ou aux allocations chômage (...) » Ils : (...) tiennent le haut du pavé, avec une augmentation de 47,7%, simplement devancés par le boom de l’intérim (+134%) (...) Certaines entreprises ont voulu tirer profit du système, privilégiant, par exemple, deux ou trois mini-jobs, fiscalement neutres, à l’embauche d’un salarié en plein-temps (...) » 

Myeurop cite le cas de ce retraité qui sert des parts de gâteau à la cafétéria d’un centre de soins : « En tant que retraité je touche 525 euros par mois. Je paye un loyer de 440 euros. Avec téléphone, le gaz, etc, il faut rajouter 150 euros. Et cela ne suffit pas. Il faut bien vivre de quelque chose c’est pour ca que je travaille ici. Wolgang travaille donc 20 heures par semaine dans ce centre, et cela pour 390 euros par mois (...) »

C'est donc cette solution qui, avec la flexibilité accrue, face au chômage de plus de 17 millions de personnes en Europe, semble avoir les faveurs de M. Roux de Bézieux, de Karel Van Eetveld, le patron de l'union flamande des entrepreneurs indépendants qui propose une adaptation des mini-jobs à la Belgique ou du patronat espagnol qui y verrait un moyen de payer les salariés en dessous du SMIC local

Logiquement, M. Roux de Bézieux ne devrait donc pas tarder à nous proposer les fameux jobs à 1 € qui sont également « un des atouts » du système allemand et que Laurent Wauquiez rêvait d'imposer en France. En effet, en cumulant les mini jobs et les jobs à 1 euro, les chiffres du chômage devraient rapidement baisser au profit d'une précarité et d'une misère qui ne semblent pas tracasser les organisations patronales d'Europe. 

« Le miracle allemand n'est en effet que mirage - voire cauchemar - pour une partie importante des travailleurs allemands, en l'occurrence pour près de cinq millions d'entre eux ! » écrivait l'économiste Michel Santi sur le HuffPost.

Rien à ajouter, si ce n'est se battre contre l'application de ces vecteurs de misère durables !

16 mai 2013

Le Medef prépare déja l'acte II de ... la flexisécurité !

Le projet ANI a peine validé par le parlement, les candidats à la présidence du Medef envisagent déjà un acte II de ce qu'ils qualifient de « flexisécurité ». La course au toujours plus de précarité pour les salariés continue !



La campagne pour l'élection à la tête du Medef bat son plein. le plus prolixe dans les média, est Geoffroy Roux de Bézieux qui vient de présenter son programme, repris par Le Figaro. On y trouve pêle mèle : « (...) un moratoire de trois mois sur les charges sociales (...) la fixation dans l'entreprise de la durée de travail (...) l'allégement du coût du travail, la baisse de la fiscalité des entreprises, la simplification administrative ou la limitation des délais de procédure (...) »

Sur les retraites et l'indemnisation chômage, pas de quartier puisqu'il propose : « (...) le recul de l'âge de départ à la retraite, l'allongement de la durée de cotisation ou encore la désindexation des pensions (...) » Et en ce qui concerne les chômeurs : « une profonde remise à plat du dispositif d'indemnisation: retour à la dégressivité des allocations, division par trois du plafond, réduction du délai(...)

Au delà de l'outrance de ces propositions destinées à rallier les patrons/électeurs les plus durs, on notera cette petite phrase : « (...) il faut aller plus loin que ce qui a été décidé dans l'accord national interprofessionnel du 11 janvier »

Donc, l'accord ANI que Laurence Parisot qualifiait, il y a quelques jours : « d'événement dans l'histoire économique et sociale de notre pays » et ajoutait que le texte donnera aux entreprises des outils pour une « adaptation rapide et sécurisée aux évolutions de leurs carnets de commande et de la conjoncture tout en renforçant la protection des salariés ». serait déja dans l'esprit de ses possibles successeurs, périmé ?

On est en droit de le penser en lisant le dernier billet publié par Patrick Bernasconi, l'ancien bras droit de Laurence Parisot, et autre candidat à sa succession.

Qu'écrit-il ?

« (...) Premièrement, il faut un acte II de la flexisécurité, après l’accord du 11 janvier. Ce nouvel accord devra traiter notamment de trois sujets :

- le temps de travail, qui doit être fixé dans l’entreprise en faisant disparaître la norme générale des 35 heures ;

- des accords compétitivité emploi offensifs – pour aller à la conquête d’un nouveau marché par exemple – et pas seulement défensifs ;

- et l’instauration du « contrat de projet », nouveau contrat dont la durée sera liée à l’accomplissement d’un projet (sur le modèle du « contrat de chantier » dans le BTP)
.

(...) Le gouvernement a annoncé son intention de donner toute sa place au dialogue social : je demande au Président de la République de s’engager clairement à laisser les partenaires sociaux prendre la main dans ces trois domaines. Nous aurons, alors, une véritable obligation de résultats »

Les moins avertis d'entre nous auront remarqué qu'aucune des propositions émises par MM Roux de Bézieux ou Bernasconi ne fait référence à la « sécurité » des salariés prévu dans l'ANI pourtant signé par le Medef.Et compte tenu des dates hypothétiques d'application des droits rechargeables des chômeurs et de la complémentaire santé pour tous les salariés, il est assez probable que c'est la partie « flexibilité » an I et an II que le nouveau boss du Medef essayera d'imposer le plus rapidement possible aux syndicats et au gouvernement !    

Gesticulations et surenchères de candidats ? Certainement. Néanmoins, ces écrits démontrent, si cela était nécessaire, que la vigilance des salariés ne doit surtout pas se relâcher !

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La Croix

13 mai 2013

43 ans de cotisations : Le cheval de troie de la capitalisation retraite !

Le Medef veut absolument repousser l'âge légal de la retraite à 65 ans et allonger la durée de cotisation à 43 ans. Ce qui, compte tenu de l'âge du premier emploi, reviendrait à condamner les salariés à partir à 70 ans ou cotiser 47 ans !

Même si Laurence Parisot vit ses dernières semaines de présidente du Medef, c'est elle qui représente l'organisation patronale reçue par Jean-Marc Ayrault, dans le cadre de la préparation de la conférence sociale des 20 et 21 juin. 

Conférence au cours de laquelle sera évoqué, entre autre, l'avenir des régimes de retraite.
Egale à elle même, elle a déclaré : « (...) Il convient, dans un objectif de moyen terme, d'allonger la durée de cotisation (...) Notre préconisation est d'allonger la durée de cotisation à 43 ans d'ici 2020 et de repousser l'âge légal de la retraite à au moins 65 ans à l'horizon 2040 (...) »

On aura beau rétorquer à notre « amie » Laurence que : L'âge moyen du premier emploi stable était de 20,5 ans en 1975, de 22,5 ans en 1992 et de 27 ans en 2009. Ce qui signifie, si on applique la demande d'allongement de la durée de cotisation proposé par le Medef, que pour obtenir le droit de partir à la retraite, à taux plein, il serait nécessaire de travailler jusqu'à 70 ans. Quant à ceux qui auraient commencé à travailler à partir de 18 ans, le report de l'âge de départ à la retraite leur ferait cotiser 47 ans pour obtenir le même taux plein ! Le tout, bien entendu dans un contexte où on dénombre 5,033 millions de français au chômage, dont moins d'un inscrit sur deux est indemnisé.

Les propos de madame Parisot sont d'autant plus cyniques que, comme nous le révélait un dossier étude de l'INSEE, en mars 2013 : « Le taux d’activité des personnes de plus de 55 ans est particulièrement faible en France, surtout pour les hommes, dont le taux d’activité est l’un des plus bas de l’Union européenne (...)  » Tout en sachant que ce taux est de 19,8% pour ... les 60-64 ans. Quant aux chômeurs de 56 à 64 ans, il leur est à la limite plus facile de gagner la cagnotte du LOTO que de retrouver un emploi !

En gros, on s'achemine vers des comptes en équilibre et des générations de retraités de plus en plus précaires. Mais que faire pour éviter ce cauchemar ?

Hé bien, très simplement en appliquant aux retraites le même système qu'à la santé. En effet, hormis être éligible à la CMU, qui aujourd'hui en France peut se passer d'une assurance complémentaire de santé privée ? 

En fonction de ses revenus il est donc possible de choisir un contrat haut de gamme ou d'entrée de gamme, ce qui à la sortie donne des résultats très différents pour les patients assurés ! Néanmoins, il faut savoir que si en 2010, les français ont versé 25,4 milliards de cotisation santé, ils ont laissé environ 22% de ces cotisations aux organismes complémentaires d'assurance maladie, nous apprend Que Choisir.  Ce qui, vous l'avouerez représente un joli pactole et surtout une jolie rente !

Or, le prochain pactole/rente que visent le Medef et ses adhérents bancassureurs c'est celui de la retraite !

Soyons logiques un instant : Il est clair qu'un jeune salarié à qui on va expliquer qu'il devra attendre 65 ou 70 ans pour obtenir une retraite à taux plein, dont l'indexation sera remise régulièrement en cause, sera sensible au fait de cotiser à un plan de capitalisation individuel,  qui pourrait lui permettre de pouvoir partir plus tôt, et dans de meilleures conditions. 

C'était d'ailleurs le sens de ce que disait l'ancien assureur Xavier Bertrand, ce matin sur Europe1, en parlant (6' 04) de la mise en place de la capitalisation retraite qui est, comme par hasard, une demande du Medef ! 


Xavier Bertrand : "Les retraités sont les... par Europe1fr


Mais, il n'y a que des avantages, vous expliquerons certains !

Pour ceux qui ont une bonne situation et de bon revenus, certainement. Quant aux autres, c'est à dire la très grande majorité dont le salaire se situe entre 1200 et 1700 €, le montant de l'épargne qu'ils pourront affecter à leur retraire privée sera faible. Et si on ajoute à celà les périodes où ils ne pourront rien épargner pour cause de difficultés familiales ou de chômage, à terme, sur une durée d'environ 45 ans, le résultat risque d'être très peu significatif. 

De plus, à part quelques charlatans, nul n'est capable de prédire ce vaudra l'argent placé durant 20, 30 et à fortiori 45 ans dans un fonds de retraite privé. Les salariés/retraités américains ruinés plus d'une fois pourraient vous en parler savamment ! 

Alors, que faire pour éviter la faillite des systèmes de retraites ?

Peut être lire plus attentivement les propositions d' Henri Sterdyniak, le directeur du Département économie de la mondialisation au sein de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui propose : « (...) une hausse des cotisations pour résorber le déficit des régimes (...) Pour garantir les retraites par répartition et convaincre les jeunes qu'ils auront bien une retraite satisfaisante, le gouvernement et les syndicats doivent annoncer clairement que c'est par la hausse progressive des cotisations que le système sera équilibré » Ce qui est préféré par les français à qu'un allongement de la durée ou le recul de l'âge légal de départ à la retraite.

Oui, mais les organisations patronales ont d'ores et déjà annoncé qu'elles s'opposeraient à toute augmentation des cotisations.

Et dire que la négociation n'a pas encore commencé. C'est dire s'il va falloir être vigilants !

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Avec l'aimable autorisation de Florian Rouliès 

09 mai 2013

Les belles légendes du capitalisme : Pour être compétitifs, travailler plus, gagner et se reposer moins

D'après Michel Pébereau, retrouver la compétitivité en France est simple : Augmenter le temps de travail, sans augmenter les salaires et réduire le nombre de jours de congés. Les actionnaires et dirigeants des entreprises lui en sont déjà reconnaissants !


Ce qu'il y a de formidable dans le capitalisme auto régulé, c'est que lorsqu'il provoque des crises économiques monumentales, il peut compter sur un certain nombre de ses séides pour trouver des solutions qui permettront au système de gagner encore quelques années avant ... la prochaine crise.

Néanmoins, diriez-vous il serait fort de café que des banques ou leurs représentants, dont tout le monde connaît la responsabilité dans la crise née en 2008, viennent nous expliquer ce qui est bon pour relancer la machine économique.

Hé bien vous auriez tort, puisque c'est l'un d'eux, en l'occurrence Michel Pébereau, qui s'y colle dans le Magazine Les Enjeux Les Echos du mois de mai 2013 où il nous parle de compétitivité. 

Mais diront certains, qui est Michel Pébereau ?

Son parcours professionnel est retracé sur le site de EADS.

Outre le fait qu'il est administrateur d'un bon nombre de grandes entreprises telles que : Compagnie de Saint-Gobain - Total - EADS - AXA. Il faut ajouter, entre autres  : Membre du Comité exécutif de l’Institut de l’entreprise et membre du Conseil exécutif du MEDEF.

Sinon Monsieur Pébereau est essentiellement connu pour son passage remarqué dans le monde bancaire, puisqu'il fut : Président du Conseil d'administration de BNP Paribas entre 2003 et 2011. Ce qui lui vaut aujourd'hui, entre autres, d'être :  Président honoraire de BNP Paribas - Président de la fondation BNP Paribas - Membre du Conseil d’administration de BNP Paribas S.A. Suisse et membre du Conseil de surveillance de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie.

Il va s'en dire que Monsieur Pébereau ne peut ignorer que BNP Paribas possédait, en juillet dernier, 360 filiales dans les paradis fiscaux . Ce qui en fait sans nul doute un champion de la compétitivité et de ... l'optimisation fiscale.

Mais ce n'est pas de cela que le Président honoraire de BNP Paribas a souhaité parler dans sa tribune. Extrait de la page 36 :

« (...) Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi doit en effet réduire de 20 milliards d'€ le coût du travail. Mais dans les activités où celui-ci resterait encore trop élevé par rapport à nos voisins, ne pourrait-on pas travailler plus longtemps au même salaire, afin de préserver l'emploi et l'investissement ? Par exemple en réduisant le nombre de jours de congés ou en augmentant celui des heures travaillées (...) »

En voilà une idée qu'elle est bonne ! Surtout lorsqu'on sait que cette logique est sans fin. En effet, au jeu de la compétitivité entre pays européens, il se trouvera toujours des endroits où on baissera les salaires, ce qui aura pour effet de faire baisser la compétitivité des autres qui du coup appliqueront le remède du docteur Pébereau.

La seule limite dans l'immédiat étant fixée par une directive européenne qui définit un temps de travail hebdomadaire ne pouvant pas dépasser 48 heures (en moyenne, heures supplémentaires incluses). Néanmoins, sachez que, nous dit Eurogersinformation  : « (...) les travailleurs peuvent, par un accord individuel avec leur employeur, renoncer à la limite des 48 heures (...) dans ce cas, la durée maximale d'heures de travail ne peut dépasser 65 heures (...) »

Si la majorité d'entre nous trouvera particulièrement choquantes les propositions de M. Pébereau, sachez que celui-ci a pourtant de forts arguments à faire valoir : « (...)  Il n'en coûterait rien aux finances publiques et celà n'affecterait pas le pouvoir d'achat des intéressés (...)»

D'autant aurait pu ajouter M.Pébereau que la profusion de produits low cost fabriqués dans des pays où les salaires sont encore plus bas pourront satisfaire l'appétit de consommation des salariés qui travailleront plus ... pour le même prix.

C'est certainement par manque de place que M.Pébereau n'a pu nous indiquer combien de temps durerait cet alignement de compétitivité, ni si un retour aux conditions antérieures serait possible en cas où les entreprises françaises seraient profitables. C'est rageant non ?

D'autant plus que ce manque de place nous a privé de son point de vue sur les efforts que comptent faire les actionnaires et les dirigeants des entreprises.  Allez, soyons optimistes, nous sommes certains que M. Pébereau aura à coeur d'aborder ces points ... dans sa prochaine tribune.


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26 avril 2013

Le concours Lépine de l'emploi du Medef et de l'UMP a commencé !

Alors que le nombre de chômeurs progresse impitoyablement, le Medef et l'UMP se lancent dans un véritable concours Lépine des solutions anti-chômage. Leurs réponses : Flexibilité et insécurité totales, le tout sur fond de chômeurs fainéants et irresponsables qu'il faut stigmatiser !


Créer de l'emploi, voilà donc la nouvelle croisade du Medef et de l'UMP ! Si du côté du Medef, Laurence Parisot, la Présidente sortante, on essaye mollement de persuader le bon peuple que l'ANI suffira à stopper l'hémorragie, à l'UMP, on ressort les vieilles recettes libérales qu'on n'a toutefois pas appliqué entre 2007 et 2012 !

Que dit le Medef ?

Laurence Parisot, à qui il ne reste que deux mois de mandat, et qui partage son temps entre l'expédition des affaires courantes et le surf à St Barth, essaye surtout de valoriser le texte ANI voulu et négociée par elle : « (...) ces mauvaises chiffres ne sont pas une fatalité : Je crois profondément qu'il est à la portée de la France de redevenir prospère, d'inverser cette terrible tendance, de réduire les déficits (...) l'accord permettra aux entreprises d'adapter (leur) organisation à la conjoncture (...) C'est un accord qui va fondamentalement réduire la peur de l'embauche qui existe aujourd'hui chez les chefs d'entreprise (...) »

Elle en profite, au passage pour brandir des chiffres invérifiables, en provenance du nouvel outil du Medef, dont Slovar vous parlait le 16 avril dernier : Le baromètre Tendance emploi compétence (TEC), qui montre que :  « (...) Au dernière trimestre 2012, 100.000 offres d'emploi proposées par les entreprises n'ont pas été pourvus (...) » 

Plus sérieusement, c'est aux déclarations des deux candidats les mieux placés à sa succession qu'il faut s'intéresser.

Du côté de Pierre Gattaz, on peut lire ceci : « (...) tous les chefs d’entreprises de France ont six problèmes majeurs : le coût du travail, la peur de l’embauche, le financement du développement de leur entreprise, la fiscalité et l’environnement réglementaire, la transmission. Sur tous ces sujets, nous devons aller plus loin. Si nous les réglons, nous serons les rois du monde ! (...) »

Dans son programme, on trouve pêle-mêle, des idées que n'aurait pas renié son père, Yvon Gattaz, ex président du CNPF, (l'ancêtre du Medef), lui qui assurait dans les années 80, que : « si on facilitait les licenciements, il y aurait un pic d’embauche de 400 000 emplois » 

On trouve également dans ses proches conseils Denis Kessler, dont le premier but dans la vie est, la destruction du programme du Conseil National de la Résistance

Quelques extraits du programme de Gattaz fils: 

« Il faut que nos concitoyens comprennent que les entrepreneurs installés en France sont des héros
L’accord (ANI) de janvier dernier est un premier pas, mais il nous faut aller largement au-delà.
Il faut transférer 50 milliards (de cotisations) vers l'impôt
Le fléau du chômage, qui affecte la société française, s’analyse d’abord comme un symptôme,le fruit d’une maladie provoquée par un terrible système d’entraves administratives et fiscales
»

Auquel il faut ajouter bien entendu le report de l'âge légal de la retraite à 65 ans, tout comme Roux de Bézieux son concurrent.

Le même de Bézieux dont les propositions raviront les salariés. En effet, il pointe : « (...) les Prud'hommes, juridiction lente et inégalitaire (...) » Remet en cause : « (...) les contrats de travail, qui sont parfois un frein à l'embauche (...) » et surtout insiste sur le fait que : « (...) La première négociation test du président élu sera la renégociation de l'assurance-chômage (...) il faudra revoir le plafonnement des indemnités et mettre en oeuvre leur dégressivité (...) »

Face à ce festival de recettes, l'UMP n'a pas voulu être en reste. Première remarque : Pourquoi l'UMP qui a disposé de 5 ans pendant lesquels elle avait une confortable majorité n'a t-elle pas mis en place les mesures qu'elle préconise aujourd'hui ?

Directement issues des réflexions des libéraux de l'UMP (Chatel, Longuet et Novelli) les propositions du Mouvement Populaire ne sont qu'un catalogue des pires solutions face à la situation actuelle de l'emploi. Néanmoins, elles sont une parfaite compilations des demandes les plus folles réclamées depuis la nuit des temps par les organisations patronales. Elles portent le « joli » nom de :  Libérer le travail !

Hervé Mariton délégué général chargé du projet de l'UMP, nous explique : . « (...) Nous refusons la fatalité du chômage et croyons que la France peut revenir au plein emploi(...) On a besoin pour cela d'une politique économique plus dynamique qui inspire davantage confiance, mais aussi de corriger vigoureusement certaines règles du travail qui, aujourd'hui, empêchent le développement de l'emploi et aggravent la situation du chômage (...) défendant une logique d'assouplissement du marché du travail (...) »

On trouve dans le catalogue :

Suppression des 35 heures,
contrat de travail unique,
réforme de l'indemnisation du chômage


Amis du copié/collé patronal bonjour ! Sachez toutefois que l'ensemble de ces mesures devrait selon ses auteurs nous ramener au plein emploi !

On notera au passage que pour l'UMP, Pôle Emploi qui était, pourtant pour eux, l'une des plus brillantes réussite de Nicolas Sarkozy disparaitrait et se verrait remplacé par une : Agence pour le travail qui regrouperait Pôle emploi, des missions locales de Cap emploi et de l'Apec, des services d'orientation et de formation professionnelle. Et selon l'UMP : « cette agence aura pour mission d'accompagner du mieux possible les salariés, quand ils ont un emploi et quand ils n'en ont pas (...) » Avec quels moyens financiers diront certains esprits chagrins ?

Hé bien l'UMP va une fois de plus vous étonner ! En effet écrit L'Express : « (...) l'UMP propose de renforcer les moyens humains d'intervention et de suivi de cette agence en les finançant par ... une plus grande dégressivité de l'indemnisation chômage des demandeurs d'emploi» 

En résumé : la flexibilité la plus totale en toute insécurité ! Quand aux chômeurs de longue durée, ou non indemnisés, ou seniors dont personne ne veut ? Là dessus, Medef et UMP ne sont pas très loquaces ...

Et dire que le concours Lépine de l'emploi du Medef et de l'UMP ne fait que commencer ....

16 avril 2013

Medef : Durcissement des conditions d'indemnisation chômage en vue !

De façon tout à fait opportune, le Medef vient de lancer un nouveau baromètre : Tendance emploi compétence (TEC),  destiné à montrer que les chômeurs refusent des emplois, pourtant vacants. Baromètre qui pourrait surtout servir à l'organisation patronale pour durcir les conditions d'indemnisation chômage.



De tous temps, il y a eu des métiers ou des entreprises rencontrant des problèmes pour recruter du personnel. Les raisons sont connues de tous : trop exigeantes, salaires trop bas, conditions de travail difficiles, attitude des employeurs. Nous avons, tous en mémoire, des entreprises, petites ou grosses où le turn over est le seul moyen de gestion des ressources humaines. Et dont, les dirigeants, sans jamais se remettre en question, se lamentent de ne pas trouver de candidats.

Ce « vivier d'emploi » est traditionnellement vanté par des ministres, à la peine pour justifier les chiffres mensuels du chômage, tel Laurent Wauquiez qui, en 2010 avait décidé d'assurer la promotion auprès des chômeurs des entreprises de vente à domicile : Amway, fenêtres K par K, sous-vêtements Charlott, Tupperware (...) et quantité d'entreprises de "bien être" comme le très controversé Herbalife. Qui comme chacun le sait, permettent au mieux, de toucher quelques centaines d'euros, avant ... d'abandonner ! (Voir Slovar 5/10/2010) Mais qui, selon notre ministre, devait pouvoir créer 100.000 emplois en 3 ans !

Néanmoins, le discours reste toujours le même : Les chômeurs ne font pas assez d'efforts pour trouver et lorsqu'ils trouvent, ils n'ont pas la formation recherchée par l'entreprise !

C'est ce qu'a expliqué ce mardi, Laurence Parisot, la toujours présidente du Medef, en présentant à la presse, son dernier outil pour lutter contre le chômage. Il porte le joli nom de Tendance emploi compétence (TEC). Selon elle, il s'agit d'un : « outil d'intérêt général » d'une « puissance considérable » qu'« aucune organisation publique n'a fait ces dernières années (...) » nous révèle L'Express

Qu'est ce qui se cache derrière cet outil, d'une puissance considérable, qui serait en quelque sorte un bienfaiteur des chômeurs et des entreprises avides d'embaucher ?

Il s'agit tout simplement d'un baromètre propriétaire basé sur : « (...) 4% des entreprises sondées par le Medef qui auraient abandonné leur recrutement faute de candidat au dernier trimestre 2012 (...) » plus précisemment écrit 20Minutes : « (...) le Medef s’appuie sur 24.350 entreprises avant d’extrapoler ce panel à l’intégralité du secteur privé, pour obtenir ses résultats, soit 1.200.635 établissements en France (...) » C'est dire la fiabilité de l'outil ....

Bien entendu, ce sont exclusivement les chômeurs qui sont la cause de des postes vacants. Ce qui a amusé l'Express : « (...) L'enquête passe, en revanche, sous silence les raisons qui tiennent au comportement des employeurs eux-mêmes qui peinent à trouver la perle rare. Car pour être tout à fait exhaustif, ce baromètre devrait également mentionner le manque d'anticipation, la volonté que le nouvel embauché soit opérationnel " dès demain " ou encore la recherche du clone de l'ancien salarié... Soit autant de critères chers aux recruteurs. De même, la qualité des offres proposées (horaires atypiques, salaires planchers, contrats très partiels...) est un paramètre que les demandeurs d'emploi prennent en compte avant de se positionner (...) »

On retrouve en tête de ce palmarès : « (...) les postes d’employé et d’agent de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration (11.611 postes) (...) » On pourra s'interroger sur le fait que les milliers d'élèves passés par un CAP, un BEP ou un BTS ne parviennent pas à combler le déficit qu'affichent les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration. Il faut dire, que l'idée de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH), qui consistait à mettre en place une part variable dans la rémunération des garçons de café et des serveurs, basée sur les pourboires n'est pas la meilleure des façons pour créer des vocations.

Face à ça, Laurence Parisot propose : « (...) une analyse très fine des "postes non pourvus", éclairant pour chaque métier les raisons des difficultés (savoir-faire, savoir-être, etc.), les "solutions" mises en place par les entreprises pour y pallier (formation, recours à contrat court, réévaluation des salaires, etc.) Le Medef annonce d’ores et déjà 565.520 recrutements pour le premier trimestre 2013, et publiera une seconde vague de son observatoire pour constater à nouveau combien de postes seront restés ou non pourvus »

Au delà d'un baromètre à la fiabilité aléatoire et de chiffres balancés à la volée, on aura soin de prendre connaissance de quelques lignes trouvées dans l'article de l'Express qui expliquent clairement la fin de la citation de Laurence Parisot : « (...) L'enquête Tec doit être réactualisée régulièrement par le Medef. Son rythme, trimestriel ou semestriel, n'est pas encore arrêté. En attendant, Laurence Parisot espère que cet outil sera utilisé à la fois dans le cadre de la conférence sociale de juin mais aussi lors de la négociation sur l'assurance-chômage, qui débutera en septembre 2013 (...) »

En résumé, une autre façon de réaliser ce que Nicolas Sarkozy proposait le 11 février 2012 au travers de son référendum/réforme durcissant les conditions d'indemnisation du chômage

Hé oui, que voulez-vous, les Présidents passent mais le Medef reste ... égal à lui même ...



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RMC

08 avril 2013

Europe : 26 millions d'Européens étaient au chômage en février 2013 !

Combien de chômeurs devra compter l'Europe avant qu'on ne prenne vraiment la mesure du drame qui se met tout doucement en place ? Car depuis 2008, leur nombre a augmenté de 10 millions !



« Il faudrait créer 6 millions d'emplois en Europe pour revenir au niveau d'emploi d'avant la crise, soit à celui du dernier trimestre de 2008 » écrit Le Parisien, citant une étude de l'Organisation internationale du travail (OIT). Le chiffre fait froid dans le dos, surtout quand on apprend que : 26 millions d'Européens étaient au chômage en février 2013, 10 millions de plus qu'en 2008.

Ces chiffres n'ont pourtant pas l'air de préoccuper outre mesure la Commission européenne qui se félicite, tout en menaçant, des nouvelles mesures d'austérité décidées par le gouvernement portugais, dont certaines avaient pourtant été retoquées par sa propre Cour constitutionnelle. D'ailleurs, la Commission européenne a été claire : «Tout écart des objectifs du plan d’aide ou leur renégociation neutraliserait les efforts déjà accomplis par les citoyens portugais ou prolongerait leurs difficultés». Ce qui va certainement réjouir les 17,6% de chômeurs locaux, et tout particulièrement aux 38,2% de jeunes de moins de 25 ans !

Ce à quoi, on pourra ajouter les fortes hausses du chômage en : Grèce (de 21,4% à 26,4% entre décembre 2011 et décembre 2012), Chypre (de 10,2% à 14,0%), Espagne (de 23,9% à 26,3%). Et si Eurostat se réjouit des « baisses les plus marquées » il n'y a pas lieu de faire la fête, lorsqu'on sait que la Lettonie est passée de 15,6% à 14,3% ou que l'Irlande de son côté après avoir connu 15,1% se situe à 14,2% !

De plus, en ce qui concerne les jeunes de moins de 25 ans, le même Eurosat indique que : « (...) En février 2013, 5,694 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l'UE27, dont 3,581 millions dans la zone euro (...) le taux de chômage des jeunes s'est élevé à 23,5% dans l’UE27 et à 23,9% dans la zone euro, contre respectivement 22,5% et 22,3% en février 2012. Les taux les plus bas en février 2013 ont été observés en Allemagne (7,7%), en Autriche (8,9%) et aux Pays-Bas (10,4%), et les plus élevés en Grèce (58,4% ), en Espagne (55,7%), au Portugal (38,2%) et en Italie (37,8%) »

La compétitivité ! vous diront les cassandres qui, il y a quelques années, nous expliquaient que le départ des unités de production vers l'Asie étaient inéluctable et que, le développement des services dans la vielle Europe rééquilibreraient harmonieusement le tout ! Cassandres qui vous expliquent maintenant qu'il est nécessaire de baisser les salaires et les coûts du travail afin de pouvoir exporter vers les pays émergents susceptibles d'acheter à tout va !

Il va de soi que cette nouvelle « fulgurance » est un leurre, dans la mesure où, les pays émergents qui continuent à exporter la majorité des produits vers la vielle Europe, en profitent pour exiger, à l'instar de la Chine, de l'Inde ou du Brésil, pour ne citer qu'eux, des transferts technologiques qui leur permettront de servir leurs marchés intérieurs. Et aussi, de vendre à la vielle europe et au reste du monde des produits de haute technologie dont le développement ... ne leur aura rien coûté ! 

Et comme il faudra un nombre incalculable d'années avant que les salaires et les conditions sociales des salariés des pays émergent atteignent ne serais ce que la moitié des nôtres, pour le FMI, la BCE, l'OCDE et la Commission européenne, mieux vaut aligner par le bas les salaires et conditions sociales en Europe. Sans pour cela sortir les 26 millions de chômeurs actuels de leur situation puisque, la cure d'austérité est prônée par les mêmes !

Ce qui est l'avis de l’Organisation internationale du Travail (OIT) : « Si les objectifs d’équilibre budgétaire et de compétitivité sont importants, il est crucial de ne pas s’y attaquer par des mesures d’austérité et des réformes structurelles qui ne traitent pas les causes profondes de la crise »

Ce à quoi, les candidats à la succession de Laurence Parisot au Medef répondent

Frédéric Saint-Geours : « Je propose d'agir pour mettre en place de nouveaux équilibres indissociables dans quatre domaines. Celui de la sphère publique, en réduisant de 100 milliards d'euros les dépenses, pour restaurer l'équilibre budgétaire et alléger le poids des cotisations sociales (...) » Le Figaro

Roux de Bézieux : « L’allongement de l’espérance de vie implique d’augmenter la durée d’activité. C’est non négociable ! » appelant de plus à « plus de flexibilité »

Patrick Bernasconi : « ll va falloir reculer l'âge de départ en retraite et s'aligner sur les standards européens. Il va probablement falloir réintroduire de la dégressivité dans les allocations chômage. Il va falloir laisser les entreprises déterminer elles-mêmes leur durée du travail » Le Figaro

Pierre Gattaz : « le chômage est le problème numéro un en France » et « l’on risque si on ne fait rien d’arriver à 12%, 13%, 14% avec des banlieues qui vont exploser ». Les patrons ont « peur d’embaucher », a-t-il souligné en appelant à « la flexibilité de l’emploi » et en fustigeant les « postures dogmatiques politiques pour dire on va garder telle usine, on va garder les emplois »

En  résumé : Encore plus de chômeurs âgés, et surtout, de précaires, dans la mesure où la flexibilité réclamée équivaut à partager le chômage entre tous et que, la baisse programmée des indemnités de chômage ne fera que plonger les gens dans la misère, un peu plus tôt. Donc, aucun effet sur l'emploi

Néanmoins, nos preux défenseurs de l'entreprise et des entrepreneurs évitent certains sujets qui, c'est vrai, pourraient fâcher : la compétition à la flexibilité entre salariés européens ! En effet, les expériences comme celle de Renault en Espagne montrent bien comment il sera facile de mettre la pression sur les salariés pour obtenir toujours plus de sacrifices. Ce qui améliorera sans nul doute les marges et les revenus des actionnaires mais n'aura aucun effet sur l'emploi !

De plus, pas un mot sur l'attractivité de nos produits qui certes pourraient être moins chers en cas de baisse des cotisations, sans pour autant être plébiscités par les consommateurs. A moins bien entendu d'investir dans la R&D dans notre pays, et pas en la délocalisant, comme c'est devenu la mode ces dernières années. 

La réalité, c'est que plus on baissera le niveau de protection et les salaires et moins il y aura de clients pour acheter les produits. Et, comme nous l'expliquions plus haut, les pays émergents achèteront les produits construits et assemblés chez eux, même une suppression totale des cotisations sociales et un droit du travail réduit à sa plus simple expression ne changerait rien, l'emploi ne reviendra jamais et les prétendants à la présidence du Medef le savent pertinemment !

Une situation qui, à terme, fera exploser pas seulement les banlieues citées par Pierre Gattaz. Car écrit l'OIT : « Le chômage de longue durée devient un problème structurel pour beaucoup de pays européens. Dans 19 d’entre eux, plus de 40 pour cent des demandeurs d’emploi sont maintenant des chômeurs de longue durée, ce qui veut dire qu’ils sont sans travail depuis douze mois ou plus (...) La situation de l’emploi qui se dégrade signifie également que le risque de troubles sociaux est maintenant supérieur de 12 points de pourcentage à ce qu’il était avant le déclenchement de la crise (...) »

C'est quand même dommage que ces gens ne veillent pas comprendre qu'ils doivent payer une crise dont ils ne sont pas responsables .....


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