01 juillet 2011

David Douillet : Secrétaire d'Etat « intérimaire » des français de l'étranger ?

La nomination de David Douillet au poste de secrétaire d'état des Français de l’étranger en a surpris plus d'un. Mais n'assure t-il pas un intérim jusqu'à la promulgation des résultats des sénatoriales qui pourraient le propulser ... au ministère des sports ?

C'est la première fois que la France dispose d'un secrétaire d'état aux français de l'étranger. Ceux qui auront la curiosité de visiter la page du nouveau secrétaire d'état sur le site du gouvernement pour en savoir plus devront se contenter d'un laconique : En attente de la publication au Journal Officiel du décret relatif aux attributions

« Nul ne s’étonnera cependant qu’en cette période pré-électorale, le gouvernement manifeste tout son intérêt pour une population, les Français de l’étranger, qui ne manquera pas d’ici quelques mois de s’exprimer dans les urnes. En 2012, plus de 1,1 million de Français devraient faire connaître leur choix présidentiel dans le monde ... Des voix qu'il ne s'agit pas de négliger » Ecrit le site Expatlive

Ce que confirme, judicieusement, Laurent de Boissieu, sur son blog : « (...) On remarquera que le vote des Français de l'étranger, bien ancré à droite, tend à se rapprocher de celui de leurs compatriotes (...) »

Quelle sera la mission du Secrétaire d'Etat

Selon le site expatriation.com commentant la première déclaration de David Douillet sur Europe1 : « (...) il sera chargé de « s’occuper des deux millions de Français établis à l’étranger, et de mieux répondre aux besoins de leur vie quotidienne, notamment en matière de scolarité (enfants d’expatriés) et en ce qui concerne leurs droits » En ajoutant par ailleurs qu’une aide (?) sera apportée aux « Français de retour dans l’Hexagone », et que son action comportera « d’autres missions » qui lui seront confiées par Alain Juppé, actuel ministre des Affaires étrangères »

Au passage, vous apprécierez le : « d’autres missions » qui lui seront confiées par Alain Juppé, actuel ministre des Affaires étrangères »

S'agira t-il, entre autres, de se pencher sur l'une des circonscriptions où il n'existe provisoirement plus de candidat UMP investit : la 1re circonscription législative des Français de l'étranger (Amérique du Nord). En effet, celle ci avait été dévolue à Christine Lagarde, devenue directrice générale du FMI. Or, Cette circonscription, pourrait bien être source de tracas pour l'UMP

Car, comme l'expliquait Le Point : « (...) à droite, il ne faisait aucun doute, jusqu'à l'été 2010, que Guy Wildenstein, également élu à l'AFE dans la circonscription de Washington et président de la délégation UMP sur la côte Est, serait le candidat du parti de l'UMP (...)» Il faut dire que Guy Wildenstein : « (...) membre du Premier cercle (le groupe des plus riches donateurs de l'UMP, animé jusqu'en juillet par Eric Woerth), avait prêté main-forte à Eric Woerth pour collecter des fonds lors de la campagne présidentielle de 2007 (...) »

On peut le voir faire campagne en 2007 pour Nicolas Sarkozy sur cette vidéo issue du défunt site sarkozy.fr


Guy WIldenstein sur France 24 pour Sarko par ump

Sauf que les déboires judiciaires du marchand d'art révélé par un article du Point du 3 février dernier remettait en cause sa candidature. D'où le parachutage de Christine Lagarde : « (...) accueilli favorablement - voire avec soulagement - par une communauté française qui a voté en majorité pour Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles de 2007 (...) »

Christine Lagarde rejoindra bien les Etats Unis, mais ne sera plus la solution miracle, pour ce siège, au combien important, pour l'UMP. D'où, un arbitrage délicat, sur le choix du nouveau candidat à investir, et la gestion de la « sensibilité » de l'électorat UMP local. Une mission à haut risque pourrait-on dire !

A moins que, Chantal Jouanno, actuelle Ministre des sports et tête de liste aux sénatoriales à Paris, que Le Figaro voyait faire les frais du remaniement, ne soit élue et quitte le gouvernement. Ce qui ouvrirait la porte du ministère ... des sports à David Douillet, qui pourrait laisser sa place à un spécialiste, mieux à même de : « s’occuper des deux millions de Français établis à l’étranger (...) »


Crédit photo
Public Sénat

30 juin 2011

L'hébergement d'urgence n'est pas une priorité du gouvernement !

Alors que la première préoccupation du gouvernement et des parlementaires de la majorité, reste de trouver de nouvelles recettes, pour compenser l'allègement de l'ISF, le budget consacré aux personnes vulnérables continue de se réduire !

Il est bien loin le temps où Xavier Emmanuelli, le créateur du Samu Social, saluait le : « vrai effort de la part du gouvernement, de prise en charge des sans abris notamment avec la mise en place du plan grand froid et avec la décision de débloquer des crédits financiers supplémentaires pour les associations (...) » et pourtant, c'était en 2009 !

C'était d'ailleurs la même année que l'épouse du Président effectuait une « mauraude » avec le Samu Social, au cours de laquelle elle lâchait : « Ce que je voudrais c'est trouver des idées » !



Deux ans plus tard, au Samu Social, on attend toujours les idées mais surtout ... l'argent promis !

Car, si : « (...) le Samu Social est un Groupement d’Intérêt Public dont le financement est géré à 92% par le gouvernement français » Celui-ci a : « (...) statué pour une réduction de 24% de son financement (...) » ce qui vous vous en doutez bien, a eu un impact direct sur les capacités d'accueil.

En effet, cette réduction a amputé de : « (...) 2 000 nuités par jour et de près d’un quart, l’aide apportée par l’association aux plus démunis (...) » Et là où ça devient révoltant, c'est que : « (...) La loi finance 2011 marque un désengagement de 80 millions d’euros de l’Etat, destinés à l’insertion des personnes vulnérables et à la prévention de l’exclusion. Le collectif indique que les seuls fonds destinés à l’hébergement d’urgence ont baissés de 41 millions d’euros, et cette baisse devrait atteindre 64 millions d’euros pour le budget 2012 (...) Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samu Social, dénonce l’incompréhension du gouvernement face à l’urgence sociale dont l’objectif est de « maintenir des gens en vie »

Et, dans le même moment où, du patronat, en passant par l'UMP on se gargarise, avec la place des femmes dans la société, on apprend que : « Il y a quelques jours, le Samu social annonçait que, faute de crédits, il serait contraint de fermer le 30 juin le seul centre d’hébergement d’urgence accueillant les femmes à Paris (...) »

Qui sont ces femmes ?

Il s'agit de femmes victimes de violences conjugales : « (...) Premières difficultés elles ont du mal à joindre le 115 qui ferme à 22 heures et maintenant le week-end. Ces 3 derniers mois les associations ont recensé 10 femmes et 16 enfants obligés de dormir dehors ou de rentrer au domicile conjugal (...) »

Or, il faut rappeler que : « (...) la lutte contre les violences faites aux femmes a été décrétée Grande Cause nationale par le Premier ministre pour l'année 2010 (...) » a donné lieu à la : Loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants. Promulguée le 9 juillet 2010

Et que vont-elles devenir ?

Selon Xavier Emmanueli : on va les placer « dans d'autres associations humanitaires ... elles aussi saturées ». Qui ajoute, un peu désabusé : « (...) Tout le système est en danger, parce que l'urgence sociale est un concept que personne n'accepte. Même si tout cela ne l'étonne pas, car « c'est là que le ministre peut faire ses coupes budgétaires (...) »

Si une grande partie des élus de gauche demandent un rétablissement des crédits d'urgence de l'état, pour l'ensemble des associations, Benoist Apparu, le ministre du logement, préfère y voir : une « manipulation des élus de gauche » et propose de : « (...) faciliter l’accès au logement plutôt que de pérenniser une situation qui implique une multiplication infinie des places d’hébergement (...) » solution qui demande de nombreux mois ou années et un budget dont ne dispose pas le ministère !

Donc, pour l'hébergement d'urgence, il faudra attendre que soient traitées, d'autres priorités ... plus électoralistes !


Crédit image
Samu Social

29 juin 2011

Salaires des dirigeants : Poker menteur entre gouvernement et patronat ?

Xavier Bertrand affirme vouloir mettre fin aux rémunérations « extravagantes » de certains patrons. Bras de fer ou simple opération de communication en vue de 2012 ?

Quoi qu'il fasse, le gouvernement n'arrive pas à gommer l'image de président des riches de Nicolas Sarkozy ! Et, dans la mesure où il est assez improbable, pour la présidentielle de 2012 de réutiliser le slogan du « Président du pouvoir d'achat», il faut au moins faire croire que l'on peut être menaçant à l'égard ... des plus hautes rémunérations !

Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand sont semble t-il choqués par certaines rémunération extravagantes de patrons français. Au point que ce dernier : « (...) s'est prononcé mardi en faveur de la non-déductibilité des fortes rémunérations de l'assiette de l'impôt sur les sociétés, devant un parterre de patrons du CAC 40 réunis à Paris (...) » et d'indiquer : « (...) qu'un dispositif serait mis en place à l'automne pour dissuader ces rémunérations qu'il avait jugées extravagantes (...) »

Et qu'en dit l'Association française des entreprises privées (Afep), connue du grand public, essentiellement au travers de son « code de gouvernement d'entreprise » dans lequel se trouve un section consacrée à la rémunération des dirigeants

D'après Les Echos : « (...) Il n'est pas sain d'attaquer de manière générale les rémunérations des dirigeants. Cela conduit à stigmatiser », a critiqué, hier à l'occasion d'un point presse, son président, Maurice Lévy, à l'adresse de Xavier Bertrand (...) » Ajoutant que : « (...) les rémunérations des dirigeants sont « raisonnables » par rapport aux pratiques internationales (...) s'il concède qu'il y a « sans doute ici ou là des situations qui peuvent surprendre, choquer », il estime qu'il n'y a « aucune raison qu'un texte légifère pour décider dans l'abstraction totale ce que doit être la rémunération des dirigeants (...) l'assemblée générale désigne des administrateurs qui ont une responsabilité d'exécutif sur les décisions à prendre (...) »

Le gouvernement a t-il vraiment les moyens de limiter ces rémunérations extravagantes ?

Sans passer par la loi non. En effet, comme l'expliquait Rue89 dans un article consacré au : plafonnement du salaire des dirigeants d'entreprises dont l'Etat est actionnaire : « (...) Selon le code du commerce, c'est au conseil d'administration de fixer la rémunération du big boss, et à lui seul. Que faire, alors, lorsque l'Etat est minoritaire au capital ? Difficile d'imaginer que les autres administrateurs accepteront de bon cœur d'imposer au PDG ce salaire plafonné. Il faudra donc passer par la loi pour priver les conseils d'administration de cette prérogative et pour définir le montant maximum des salaires (...) » alors, que dire des entreprises dans lesquelles l'état ne détient aucune participation ?

Véritable bras de fer ou embarras ?

Il est bon de rappeler au lecteur que : « (...) Le gouvernement avait menacé le Medef de légiférer si les entreprises n'adhéraient pas avant la fin 2008 à ce code, qui n'a toutefois aucun caractère contraignant. Adopté par la quasi-totalité des grandes entreprises françaises cotées, ce code recommande notamment de n'autoriser l'indemnisation d'un dirigeant qu'en cas de départ contraint et lié à un changement de contrôle ou de stratégie, avec une indemnité ne pouvant excéder deux ans de rémunération (...) » ne prévoyait aucun plafonnement de rémunération, ce que le gouvernement savait pertinemment !

Un simple chantage médiatique qui ressemble à une mystification !

C'est ce qu'on peut se dire, lorsqu'on sait que la démarche de Xavier Bertrand, avalisée par Nicolas Sarkozy, n'a pas pour but de plafonner ou limiter les rémunérations extravagantes. En effet : Xavier Bertrand indique deux pistes destinées à : « (...) dissuader les très hautes rémunérations versées par certaines entreprises (...) » Il s'agit de : « (...) la taxation ou non-déductibilité (...) précisant qu'il : (...) penche pour cette dernière possibilité (...) »

Et pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que : « (...) Cela éloignerait aussi la perspective, défendue par une partie de la majorité et repoussée par le gouvernement, de la création d'une nouvelle tranche marginale d'impôt sur le revenu (...) » applicable à tous les hauts revenus. Ce qui électoralement serait un suicide !

Ce que sait aussi Maurice Levy, président de l'Afep qui, de son côté : « ne voit pas d'objection à ce que les salaires plus élevés contribuent davantage dans une période difficile », par le biais d'une contribution spécifique ou d'une tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, il est en revanche opposé à une taxation de l'entreprise (...) »

Un point partout : la balle au centre !

Mais, alors, dans le cas ou le désaccord entre le ministre et l'Afep perdurait, irait-on droit vers un projet de loi du gouvernement présenté devant les assemblées ?

Visiblement non, puisque nous expliquent Les Echos : (...) Alors qu'un groupe de travail doit se constituer d'ici à fin juillet sur la question, Nicolas Sarkozy a appelé lundi le patronat à faire sa propre police. « Un peu de sens commun éviterait au gouvernement d'être obligé de réagir par un texte (...) »

En clair, faire profil bas et surtout, ne pas exciter : (...) La France qui s'entasse dans le métro à 18 heures, la France qui se lève tôt pour rejoindre l'usine ou le bureau, la France des fonctionnaires qui aiment leur métier, la France des parents qui se serrent la ceinture pour leurs enfants, la France des campagnes qui ne veut pas renoncer à son avenir, la France des cités qui rêve de réussite sociale, la France qui a du mal à finir les fins de mois (...) du moins, jusqu'à la présidentielle de 2012 !

Après tout, qu'est ce que représentent quelques mois de sacrifices à côté de cinq nouvelles années de tranquillité et ... d'auto régulation !


Crédit et copyright photo
Républicain Lorrain

28 juin 2011

Les divorcés financeront-ils l'allègement de l'ISF ?

L'UMP est l'affût de tout ce qui pourrait compenser les allègement de l'ISF. Si les résidences secondaires des français résidant à l'étranger sont passées au travers, les résidences principales des divorcées n'ont pas eu cette chance !

Question : Connaissez-vous la différence entre un français vivant à l'étranger et possédant une résidence secondaire en France et un français divorcé qui souhaite racheter à son ex-conjoint ses parts du logement principal situé en France ?

Réponse : Le premier ne sera pas soumis à une taxe destinée à financer les allègements de l'ISF. Par contre, l'autre verra augmenter la taxe sur les droits de partage de ... 150 %, pour : « compenser le manque à gagner fiscal dû à l’allégement de l’impôt sur les grandes fortunes »

Décryptage

Le 20 juin, nous apprenaient Les Echos : « (...) Nicolas Sarkozy renonçait à taxer les résidences secondaires des non-résidents (...) » Cette idée avait pourtant l'aval du Président qui a pourtant fait marche arrière, et renoncé à cette taxe, qui devait rapporter environ 176 millions d'euros, selon les estimations de Bercy.

Explication donnée par L'Express : « (...) On connaît la prédilection des Anglais pour le Périgord et la Provence, l'attirance des Belges, des Hollandais et des Allemands pour la Côte d'Azur, le goût des Italiens pour les appartements de charme des vieux quartiers de Paris (...) » Sans compter, précise L'Express : « (...) tous les Français, exilés fiscaux mais surtout expatriés pour le travail, qui gardent en France un pied à terre (...) »

Afin de ne pas contrarier les riches esthètes européens et français : « A l'unanimité des présents, le Sénat a donc adopté la suppression de cette surtaxe adoptée à l'Assemblée nationale »

Oui, mais où trouver l'équivalent de 176 millions ou même plus ?

Et bien, les sénateurs on décidé que : « (...) le manque à gagner financier sera compensé par une hausse de la taxe sur le droit de partage. En la faisant passer de 1,1% à 2,5% (...) »

Droit de partage ?

Le « droit de partage », nous explique Libération est : « (...) une taxe prélevée quand, en cas de divorce notamment, lorsqu'un conjoint rachète la part du logement de l’autre (...) » Et cette sur-taxation est prometteuse puisque : (...) Au regard des 130 000 divorces annuels, la manne serait de 323 millions par an (...) »

Ce qu'omettent de dire les parlementaires, c'est que : « (...) Sur les 130 000 divorces enregistrés chaque année, 57% des couples ont des enfants mineurs, qui, dans la majorité des cas, resteront sous la garde de la mère, qui se voit contrainte de garder le logement (...) »

Benoît Renaud, président du Conseil supérieur du notariat, n'y va pas par quatre chemins : « (...) C'est une catastrophe (...) C'est une hausse de 150 % à un moment de la vie où les gens sont déjà dans des difficultés financières (...) Pour un appartement de 800.000 euros, par exemple, le droit de partage passera de 8.800 euros à 20.000 euros (...) »

Ce qui signifie une énorme augmentation, dont les mères divorcées qui veulent conserver la propriété de leur logement principal, vont être prioritairement, les victimes au nom de « l'équité fiscale » revendiquée par l'UMP !

Ce tour de « passe passe budgétaire » n'a pas, dans l'immédiat, fait réagir Laurence Parisot notre nouvelle passionaria de l'égalité hommes-femmes pour qui : « Le sexisme est un racisme ».

En effet, savoir que l'allègement de l'ISF serait financé par une contribution, majoritairement féminine, devrait lui donner autant d'audace, que celle dont elle fait preuve, en lançant une grande opération de lobbying auprès des députés et sénateurs pour avoir la peau de ... la prime aux salariés !

Elle pourrait d'ailleurs en parler à Jean-François Copé, cet autre grand défenseur de « La place des femmes dans la société » qui n'a pas hésité à déclarer : « Il faut que les hommes s'occupent des mêmes questions que les femmes » !

27 juin 2011

Egalité hommes-femmes : Le Medef et l'UMP se moquent-ils des femmes ?

A quelques mois de la présidentielle, le Medef et l'UMP lancent un vibrant plaidoyer pour l'égalité hommes-femmes. Question : Pourquoi ont-ils attendu si longtemps et quelles sont leurs propositions ?

De qui ce constat pessimiste et alarmant ?

« (...) d’après le rapport du Forum économique mondial de Davos de 2010, la France est classée au 127ème rang sur 134 pays en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, derrière le Kenya ou le Kazakhstan ! Malgré la volonté du législateur, l’égalité professionnelle est rarement une orientation stratégique au sein de l’entreprise. On constate même aujourd’hui des signes de régression (...) Le constat actuel est implacable : les femmes représentent 51% de la population française, 47% de la population active mais 82,2% des travailleurs à temps partiel et les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont encore de 19% (...) » Ne cherchez pas, il est disponible sur le site Web Projet UMP 2012 !

Si le sujet de l'égalité hommes-femmes n'était pas si important, on pourrait, avec humour, déplorer, que la droite parlementaire et le Medef, ne soient pas aux commandes ... de la société française et de ses entreprises.

Du côté du Medef, on a pourtant connu Laurence Parisot plus déterminée, en ce qui concerne les femmes. Notamment, lors de la réforme des retraites, ou elle déclarait : « (...) Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait (...) Puisque les femmes vont travailler moins longtemps, celà veut dire moins de belles carrières que les hommes (...) il n’est pas question non plus que les entreprises soient les seules responsables de cette situation scandaleuse alors que bien souvent cela commence ailleurs dès l’école ou dans le foyer (...) »



Et indiquait : S'opposer à toute modification du projet de loi sur les retraites qui permettrait aux femmes ayant élevé trois enfants de ne pas attendre d'avoir 65 et 67 ans pour percevoir leur pension à taux plein - N'hésitant pas à déclarer : « Les entreprises ne sont pas seules responsables des inégalité de carrières hommes/femmes »

Néanmoins, on pourra s'étonner, en examinant les derniers textes de l'UMP et les dernières déclarations de Laurence Parisot que : la véritable égalité salariale est curieusement absente de leurs propositions !

Si du côté de l'UMP, on écrit : « (...) Les entreprises de plus 50 salariés non couvertes par un accord, ou à défaut, par un plan relatif à l’égalité professionnelle, risquent désormais une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale. Votée dans la loi de réforme des retraites, cette disposition était plus qu’urgente, quand on sait qu’en 2008, seulement 7,5% des entreprises avaient signé un accord sur l’égalité… Le décret d’application de cette disposition est actuellement examiné au Conseil d’Etat (...) »

Cela signifie, que le texte n'est toujours pas applicable, et que quoi qu'il arrive, les femmes travaillant dans des entreprises de moins de 50 personnes, qui représentent plus de 97% du parc français, ne seront absolument pas concernées par les pénalités et continueront à subir, légalement, une discrimination salariale !

Du côté du Medef, on préfère évoquer : « Un code de bonne conduite dans les entreprises (...) les choses avancent, notamment dans les grandes entreprises, où nous avons fixé un quota de femmes de 40% dans les conseils d’administration. Je revendique d’ailleurs, pour une large part, la maternité de cette mesure. Les entreprises sont aussi en train de multiplier les accords internes d’égalité salariale et de bonne gestion des carrières (...) »

Multiplier les accords ?

Comme l'indiquait le site Question(s) sociale(s) : En ce qui concerne les accords sur l'égalité salariale, Laurence Parisot reconnaît que : « (...) il n'y a aujourd'hui que 82 accords sur l'égalité salariale entre hommes et femmes pour plus de 200 branches professionnelles. « Je souhaite que toutes celles qui n'ont pas encore signé un accord se dépêchent de le faire, ajoute-t-elle (...) » et de préciser : « Pour réaliser cela à l’avantage de toutes les parties, il faut un consensus réel »

Par contre, en ce qui concerne : le sexisme, le machisme et la misogynie, Laurence Parisot n'a pas assez de mots pour condamner la « DSK attitude » (épargnant au passage le réflexologue Georges Tron) et fustige dans Le Parisien : « (...) les pubs sexistes (...) » produites par les agences de publicités, dont un grand nombre sont ... adhérentes au Medef et : « (...) dénonce le silence des intellectuels (...) » Sans oublier de lancer : « (...) un appel aux candidats à l’élection présidentielle pour faire enfin de l’égalité homme-femme LE thème majeur de 2012 (...) »

Bon : « tout cela est bel et beau », comme dirait un de mes amis, mais, se résume à « faire du bruit avec la bouche » !

En effet, qu'est ce qui a empêché Laurence Parisot, Présidente du Medef depuis 2005, d'imposer aux entreprises adhérentes au Medef, l'obligation d'une véritable égalité hommes-femmes ?

Car en ce qui concerne : le refus des augmentations de salaires, du partage de la valeur ajouté, du refus de quotas d'apprentis, ou de l'assouplissement des licenciements, elle a montré qu'elle savait traiter les salariés hommes et femmes de la même façon !

Que n'a t-elle mobilisé son mouvement contre la situation décrite par l'UMP : « (...) les femmes connaissent un risque accru d’être des « outsiders » sur le marché de l’emploi (...) Elles passent de plus ou moins longues périodes sur le versant « précaire » du marché de l’emploi et représentent 82,2 % des travailleurs à temps partiel (...) »

Au lieu de cela, Laurence Parisot préfère se focaliser sur : l'allongement du congé paternité, dont elle propose, que le financement ... ne soit pas assuré par les entreprises ! : « (...) Je vais écrire en juillet à tous les syndicats pour leur proposer d’ouvrir les discussions dès septembre. Il faudra bien sûr réfléchir au financement de cette mesure qui coûte cher. Il serait souhaitable que certains dispositifs actuels de soutien à la famille soient supprimés et redéployés vers l’allongement du congé paternité (...) »

Et lorsqu'on lui demande s'il faut : En passer par une loi pour codifier les rapports hommes-femmes dans l’entreprise, pour mettre fin aux comportements anormaux et aux injustices flagrantes, elle n'hésite pas un instant : « (...) Les lois existent déjà. Sans une prise de conscience et une adhésion générale, elles ne seront pas appliquées. Oui, il faut normaliser mais plutôt par des codes, des principes, des chartes de bonne conduite dans les entreprises, petites et grandes, ou grâce à des formations qui expliquent ce qu’il convient de faire et d’éviter, y compris dans les administrations (...) »

Et oui, avec le Medef, c'est une habitude : Tout commence par un débat pour finir par ... un code de bonne conduite. Evitant, de fait, l'intervention des élus de la nation et leurs éventuelles sanctions ou pénalités !

En attendant, les salariées n'apprendront rien sur la détermination du Medef ou de l'UMP sur la stricte application de l'égalité salariale. Mais seront certainement ravies d'apprendre que : « (...) Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale , fait sienne les propositions de l’UMP. C'est à dire : étendre la parité aux organisations syndicales, aux Conseils de prud’hommes, Chambres de commerce et d’industrie, Chambres de métiers (...) »

Sans commentaire ...


Crédit et copyright photo
France24